Texte de la Coordination nationale à la conférence de presse du 13/01/2009
Fondée en 2004
Adhérente, dès l'origine, de la Convergence et du Collectif anti-franchise.
Une santé moins solidaire et moins accessible !!!
Malgré encore une bonne reconnaissance auprès des françaises et des français, il faut malheureusement reconnaître que :
Notre système de santé se détériore :
la réduction de l'offre réduit terriblement la réduction non pas de la demande, mais de l'accès aux soins pour les plus démunis parmi nous, qui cumulent souvent difficultés sociales et territoriales !!!
Si on s'arrête sur les restructurations en cours, on peut noter
Il faut donc réagir fortement contre ce déni de démocratie et contre cette évolution capitaliste et centraliste accélérée de notre santé :
Paris 13/01/2009
Cette conférence de presse se tient à l'initiative de trois collectifs : la convergence des collectifs de défense et de développement des services publics, la coordination nationale des comités de défense des hôpitaux et maternités de proximité et le collectif national contre les franchises, pour l'accès aux soins partout et pour tous et pour une sécurité sociale solidaire. Je prendrais la parole au nom de ce dernier. Puis la donnerai à Bernard Defaix pour convergence et Michel Antony pour la coordination. Les représentants des organisations syndicales présents et nous -même répondront ensuite à vos questions.
Depuis sa création, notre collectif (constitué de plus de 70 organisations associatives, syndicales et politiques) a dénoncé les obstacles de plus en nombreux dans l'accès aux soins dans notre pays ; à commencer par l'instauration des franchises, qui s'ajoutaient au un euro de la réforme Douste Blazi, au forfait hospitalier passé en 3 ans de 13 à 16 euros par jour, aux vagues successives de déremboursement de médicaments, à la généralisation des dépassements d'honoraires qui, avec tact et mesure, ont atteint les 2 milliards d'euros par an, en 2005.
Parallèlement le tissu hospitalier de notre pays était mis à mal, suppression de lits, fermetures de services, hôpitaux vidés peu à peu de leurs activités avec pour conséquences l'accroissement des inégalités territoriales et sociales, la création de véritables déserts sanitaires qui cumulent disparition de l'hôpital de proximité et raréfaction de la médecine libérale.
Toutes choses qui font qu'aujourd'hui, 39% des français ont déjà retardé ou renoncé à un soin en raison de son coût et 17% en raison de l'éloignement géographique. (enquête secours populaire 2008)
Un hôpital soumis à des réformes successives (5 dont la dernière en 2004) - qui peut parler d'immobilisme ?- à des contraintes budgétaires que l'ensemble des médecins présidents des comités consultatifs de l'Assistance Publique-Hôpitaux de Paris viennent de qualifier « d'étranglement financier pur et simple » et qui conduit à une situation de faillite pour 70% d'entre eux. Si le président Sarkozy brandit les 23 milliards d'euros supplémentaires alloués au budget des hôpitaux et des cliniques, il faut rappeler que l'hôpital public fait partie des bons élèves respectueux des objectifs fixés , et que d'autre part, ces augmentations de budget correspondent à l'accroissement des besoins et à la hausse du coût des technologies. Par ailleurs, la part des dépenses hospitalières dans les dépenses d'assurance maladie ne cesse de diminuer depuis 20ans (de 42 à 34%).
Un hôpital à qui s'applique désormais une logique d'entreprise avec la rentabilisation des activités et la T2A, une gestion à flux tendu, devant faire plus et mieux à moyens constants, ne pouvant plus faire face sereinement, de fait, un hôpital désorganisé, par les politiques menées !
Un hôpital où le risque de dysfonctionnements et d'erreurs fatales est majoré alors que tout devrait être fait pour les limiter. A commencer par lui donner les moyens humains qui lui manquent aujourd'hui cruellement.
Le projet de loi Bachelot, loin de répondre aux besoins des personnes et des territoires, n'est qu'un étage supplémentaire dans la poursuite des restructurations à marche forcée, le tout ouvert au privé, la recomposition du système de santé et de protection sociale de notre pays.
Ce projet met en place les instances donnant toute latitude à l'état avec les Agences Régionales de Santé et la gouvernance.
Directeur de l'ARS, nommés en en conseil de ministre, nommant eux-mêmes les directeurs d'hôpitaux, pouvant imposer fusion, coopération sanitaires entre établissements....
Patron directeur, recrutant les médecins, chapeautant une communauté hospitalière de territoire et décidant des répartitions de moyens et d'activités médicales entre les différents établissements la constituant.
Contrôle hiérarchique fort de l'administration sans contre pouvoir (disparition des instances représentatives, CA, CME), primauté à une logique comptable écartant la priorité de la dimension médicale et des soins.
Médecins rémunérés de façon contractuelle sur la base d'objectifs quantifiés, ou encore paiement à l'acte.
A terme, nous aurons des usines à soins publiques pour lesquels les délais d'attente pour un rendez-vous seront toujours plus longs et des cliniques pour soins haut de gamme à la carte (bleue, la carte)
Cette évolution n'est pas inéluctable. Si l'on ne veut pas aboutir à un système à plusieurs vitesses basé sur la sélection économique nous devons protéger l'hôpital et notre système de santé et de protection sociale. Nous devons réaffirmer la nécessité de développer une véritable politique de santé publique, de prévention. Nous devons réaffirmer notre attachement à un système hospitalier de soin public égalitaire.
Depuis plusieurs mois, des centaines d'initiatives se sont tenues dans toute la France pour cela. A Montceau les mines avec près de 3000 personnes dans les rues le 13 décembre, à Quimper avec 700 personnes le 20 décembre, à Aubenas voilà seulement quelques jours avec près de 300 personnes pour débattre de ces questions.
Nous appelons à marquer la continuité des mobilisations engagées, tout d'abord le 24 janvier lors d'une journée devant les hôpitaux, et à Paris lors d' un rassemblement devant l'hôpital Saint Vincent de Paul à 14H00, le 29 janvier lors de la journée interprofessionnelle, puis à préparer la poursuite des mobilisations pour mettre en échec la loi Bachelot de la façon la plus large et la plus unitaire possible.
Conférence de presse du 13 janvier 2009 - intro Françoise Nay