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27 février 2011 7 27 /02 /février /2011 20:10

MINISTÈRE DE L'ÉDUCATION NATIONALE,
DE L'ENSEIGNEMENT SUPÉRIEUR ET DE LA RECHERCHE
Le réseau des collèges publics des Ardennes en 2005-2006 et la problématique des petits sites collégiaux

 

Document à télécharger ici

 

Extrait :

 

2.2 Une particularité: l'expérience des collèges «multisites »


La solution paraissait séduisante puisqu'elle permettait à la fois de maintenir en milieu rural des collèges publics de proximité, outils d'aménagement du territoire, tout en respectant la volonté académique d'assurer partout un enseignement de qualité. L'Education nationale comme le conseil général n'ont pas lésiné sur les moyens nécessaires à la réussite de l'expérience.


Les ressources humaines mises à disposition par le rectorat et l'inspection académique sont en volume conséquent :
- des équipes de direction comportant au moins un principal,-un principal-adjoint, un gestionnaire et un gestionnaire adjoint, souvent un conseiller principal d'éducation,
- une dotation pour le moins correcte en personnels administratifs et techniques, ouvriers et de service,
- une dotation horaire globale confortable.


De son côté, le conseil général a doté chaque collège multisite d'un véhicule de service et prend en charge le déplacement (au demeurant coûteux) des personnels intervenant sur les deux sites; il a maintenu partout et très souvent augmenté sa contribution financière au fonctionnement et aux investissements.
Cette nouvelle organisation a permis d'assurer tous les enseignements obligatoires, contrairement à ce qui se passait avant 1999, et de renforcer l'équipe de direction. Cependant, les inspecteurs généraux s'interrogeaient dans leur rapport en 2004 :
«Il (le collège multisite) lui reste à démontrer, à travers ses bilans et évaluations, qu'il est pédagogiquement viable et profitable aux élèves pour constituer une solution crédible aux problèmes de certains petits collèges»8.
On attendait une véritable communauté de projet, une dynamisation des équipes pédagogiques, des résultats en accord avec les moyens accordés. L'observation que l'on peut mener en 2006 fait apparaître une réalité qui ne correspond pas aux attentes.


A l'exception de l'un d'entre eux, ces collèges continuent de fonctionner dans la juxtaposition de deux établissements distincts avec leur identité propre, malgré l'existence d'un conseil d'administration unique: chaque site scolarise ses propres élèves de la 6ème à la 3ème. Par ailleurs, certains sites, ayant des effectifs plus réduits que ceux de leur site « partenaire » et n'étant pas sièges de la direction de l'EPLE, sont devenus des sortes d'annexes et se vivent comme tels. Certes, les personnels de direction s'efforcent de faire le lien en circulant quotidiennement entre les deux sites, en veillant à ne pas négliger un site au détriment de l'autre; les enseignants voyagent eux aussi d'un site à l'autre pour éviter autant que possible que le même professeur assure l'enseignement de la même promotion pendant quatre ans.


Mais les difficultés de fondpersistent.
L'organisation des emplois du temps se révèle particulièrement complexe: horaires décalés entre les deux sites, emplois du temps resserrés des enseignants et des élèves en raison des diverses
contraintes. Le va-et-vient des personnels est incessant: ils se croisent plus qu'ils ne se rencontrent, ce qui dans la pratique empêche la constitution de véritables équipes pédagogiques. Les chefs d'établissement doivent aussi composer avec la résistance de certains professeurs réticents au partage de leur .service entre les deux sites. Comme le résume assez bien un chef d'établissement dans son diagnostic: « l'établissement ne fonctionne pas en «culture multisite » mais bien en addition de deux établissements distincts où la priorité a été placée sur l'affectif plutôt que sur le fonctionnel ».

Les élèves de chaque site, qui se connaissent depuis la maternelle, restent entre eux de la sixième à la troisième, souvent dans la même classe, jouent dans la même cour de récréation, participent aux mêmes activités, empruntent chaque jour les mêmes bus. Ils ne côtoient pas leurs camarades de l'autre site, hormis pendant quelques rares sorties ou voyages.

En fait, les collèges multisites n'ont de réalité qu'administrative et juridique.
Un seul collège, le plus petit des Ardennes, souvent cité en exemple9, fait exception. Il accueille une population scolaire majoritairement issue de CSP favorisées, les résultats des évaluations en 6ème sont égaux ou supérieurs aux moyennes départementales et le collège voit ses résultats progresser régulièrement au diplôme national du brevet (DNB) depuis 2001, pour atteindre en 2005 des taux supérieurs à la moyenne départementale. Enfin, le collège a amélioré la fluidité des parcours 6ème/3ème.

L'établissement a tenté de fonctionner en monosite en rapprochant les élèves des deux sites distants de 13 km, niveau par niveau: par exemple, les deux classes de sixième chacune originaire d'un site, travaillent sur le premier site les lundi et mardi, se séparent le mercredi pour rester sur leur propre site de rattachement, enfin sont à nouveau regroupées sur le second site les jeudi et vendredi. Dans la réalité, elles ne sont toutefois mêlées que pour l'enseignement des langues.

Cette tentative de regroupement partiel permet surtout d'optimiser l'utilisation de la dotation globale horaire (offre variée d'options, détriplement de l'enseignement dans quelques disciplines en 4ème et 3ème), mais cette organisation, qui a permis de préserver une certaine dynamique pédagogique (ateliers scientifiques en 6ème, itinéraires de découverte au cycle central), génère de très lourdes contraintes. En effet, deux jours par semaine, l'élève, qui prend déjà le bus matin et soir pour effectuer le trajet domicile-site de rattachement, doit ajouter à ces temps obligatoires de transport quotidien un temps supplémentaire (15 à 20 mn par trajet, selon les conditions climatiques) pour reprendre un autre bus dès son arrivée, qui le conduira sur l'autre site toute la journée avec retour le soir même. Tous, élèves et personnels, sauf les ATOSS, passent donc un temps considérable dans les transports, temps pris sur le temps scolaire, au prix d'une fatigue certaine, en particulier pour les enfants, fatigue curieusement niée par les familles. On peut s'interroger sur la viabilité d'une telle solution pour des élèves en bonne santé mais encore plus pour des jeunes, malades ou handicapés, dont on voit mal comment peuvent être accueillis dans ces conditions difficiles et ce d'autant plus que l'un des sites semble peu adapté à la vie d'un collège.

Cette organisation, très complexe et coûteuse sur le plan humain et matériel, fonctionne grâce au dynamisme de l'équipe actuelle de direction qui a su et pu jusqu'à présent gérer les multiples
contraintes. La structure est cependant fragilisée par la baisse constante des effectifs: le collège est passé au-dessous de la barre des 200 élèves à la rentrée 2005.


De par leur taille, leur fonctionnement administratif et pédagogique, les collèges multisites ne se différencient pas fondamentalement des petits collèges monosites, sauf à connaître plus de difficultés que ceux-là. C'est pourquoi, et conformément au cadre de réflexion établi par le président du conseil général des Ardennes et l'inspecteur d'académie DSDEN, les inspecteurs généraux ont choisi d'analyser l'ensemble des petites structures, soit les sites collégiaux accueillant moins de 300 élèves. Cela concerne 25 sites regroupés en 18 collèges: 11 monosites et 7 multisites, situés aussi bien en zone urbaine qu'en zone rurale, dont 4 d'entre eux classés en ZEP (cf. liste jointe en annexe).

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Published by cddsp-thiers-ambert - dans Boîte à outils
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