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13 avril 2009 1 13 /04 /avril /2009 18:00

 

 

 

  UN PRINTEMPS DES LUTTES

POUR LE SERVICE PUBLIC

au service des convergences !

La crise grave que traverse le capitalisme conforte la nécessité de mettre la reconquête,

l’extension et la rénovation des Biens communs et des Services Publics au coeur du mouvement

social et politique ayant pour objectif une véritable alternative au système.

Poursuivre dans les logiques néo-libérales mises en oeuvre depuis une trentaine d’années

à l’échelle mondiale conduirait tout droit l’humanité à sa perte. Chaque jour nous démontre

en effet que la course aux profits, totalement cynique et irresponsable, à laquelle se livre une

infime minorité de possédants à travers la marchandisation et l’appropriation privée de toutes

les activités humaines est catastrophique, au regard de l’écologie comme de la justice sociale.

Le monde est malade, incertain, agité de soubresauts violents et inquiétants et c’est bien la

rapacité radicale des multinationales ainsi que les politiques menées par les gouvernants à leur

service qui en portent la responsabilité première.

Partout aujourd’hui se pose avec une urgence véhémente la question du rapport de force à

construire pour que les choses changent de logique. Au-delà des effets d’annonce et des leurres,

des pseudo-réformes qui dans les faits aggravent encore l’exploitation des peuples, il faut que

puissent voir le jour d’autres orientations choisissant l’intérêt général, des politiques publiques

ayant pour objectif la satisfaction des besoins démocratiquement définis plutôt que celle d’intérêts

privés et plus globalement, l’organisation d’une société solidaire fondée sur la liberté, l’égalité,

la fraternité.

Séparer la question de la construction du rapport de forces et celle des contenus n’est pas une

bonne démarche : il y a là un enjeu considérable de crédibilité ! Nous sommes certes conscients

à La Convergence qu’il reste encore beaucoup à travailler, moins d’ailleurs sur le rôle même des

services publics que sur la définition de leurs missions et leur champ d’intervention ainsi que sur

la façon dont concrètement doit s’effectuer leur démocratisation ( y compris la problématique

du niveau de gestion le plus pertinent selon le service public concerné).

MAIS EN MEME TEMPS nous sommes convaincus que d’ores et déjà existe un fond commun

profondément partagé d’analyses et d’exigences sur ces sujets et que ne pas porter publiquement

et avec fermeté cette réalité freine la volonté politique de construire « du tous ensemble » et la

convergence possible des forces à partir de ce socle.

Très clairement le mouvement en faveur des biens communs et des services publics n’argumente

pas sur une ligne défensive et figée mais bien en termes de reconquête et de rénovation de services

publics privatisés, de création de nouveaux services publics, et en termes de démocratisation

de leur fonctionnement ( entendre par là aussi bien la définition des objectifs que la qualité

d’exécution des missions et le contrôle de la gestion).

De même nous affirmons que ce combat est à mener sous le signe de la lutte pour le libre

et plein exercice, dans l’égalité, des Droits Fondamentaux .Il s’inscrit donc dans celui pour un

développement de la démocratie et d’une citoyenneté effective pour toutes et tous.

Enfin, les biens communs et services publics sont à considérer comme créateurs de richesses,

indispensables à un aménagement du territoire fondé sur les besoins des populations et

écologiquement responsable.

 

 

 

 

Il s’agit là de principes qui sont actuellement autant d’acquis auxquels viennent s’ajouter

tout un ensemble de mesures d’urgence « incontournables » sur lesquelles existe un large accord

de forces syndicales, associatives et politiques.

Ceci nous amène à considérer que la tâche première aujourd’hui est bien d’organiser

concrètement la convergence de mobilisations qui se multiplient et se massifient, tout en

poursuivant au quotidien et au plus près des gens le débat sur les besoins et sur les choix de

société que la satisfaction de ces derniers implique.

La crise actuelle et les paradoxes scandaleux qu’elle fait ressortir entre par exemple les

profits de certains groupes, les parachutes et autres retraites dorées de dirigeants d’entreprises

et d’autre part la casse frénétique des emplois, les pertes des salaires et la précarité, le discours

à la fois défensif et mystificateur de Sarkozy sur la moralisation du capitalisme, le besoin de

régulation et d’intervention de l’état , tout cela offre des conditions nouvelles pour une meilleure

prise de conscience que laisser se perpétuer une « gouvernance » conçue avant tout pour le plus

grand profit des intérêts privés dominant le marché, n’est plus possible.

La convergence des mouvements revendicatifs dans le secteur privé et public sur le thème des

droits fondamentaux comme l’éducation, la santé, et sociaux avec en premier lieu des salaires

décents, l’ emploi, la protection sociale, est UN IMPERATIF ABSOLU.

Il faut en outre, l’ articuler avec l’exigence de pouvoirs nouveaux aux travailleurs , usagers,

élus , pour une démocratisation des décisions, une meilleure prise en compte des besoins et de

l’intérêt général, tant au niveau de l’entreprise que dans les quartiers et lieux de vie.

Notons d’ailleurs, et c’est loin d’être anodin vis-à-vis des convergences, que la contradiction

entre les politiques de management et la qualité du travail, le sens du métier, devient

insupportable.

Une telle approche : droits fondamentaux, démocratisation de la vie sociale ( y compris bien

sûr au plan des institutions de la République) nous ramène forcément à la nécessité de regagner

un vaste ensemble de services publics refondés, avec un fonctionnement démocratisé articulant

mieux la responsabilité de l’Etat et l’appropriation citoyenne.

Regagner le Service Public, avec l’ensemble de ce que cela implique en matière de réforme

fiscale et au-delà, d’orientations budgétaires radicalement différentes de celles d’aujourd’hui,

pour financer des politiques publiques d’intérêt général, donner aux collectivités territoriales

les moyens matériels et les compétences pour s’inscrire, voire impulser, avec la garantie de

l’Etat, ces politiques, constitue un élément-clé et structurant de toute alternative progressiste au

marasme actuel.

 

 

 

 

Nous nous félicitons, à La Convergence, qu’un texte, à bien des égards historique, comme la

plateforme syndicale de janvier 2009, qui à nos yeux constitue aujourd’hui l’assise essentielle

du mouvement social, soit fortement imprégné de cette démarche sociétale qui lui confère une

vertu rassembleuse exceptionnelle, vérifiée le 29 janvier puis le 19 mars et sans aucun doute le

1er mai.

Cette plateforme ne tire pas son efficacité d’être ressortie à intervalles réguliers comme un

emblème mais au contraire de représenter un point d’appui pour permettre que grandisse tous

les jours dans les mobilisations la revendication qu’IL FAUT REPONDRE AUX BESOINS

qu’elle énumère, abandonner des réformes porteuses de régressions sociales catastrophiques et

choisir d’autres orientations à partir de négociations prenant en compte les exigences avancées

par le mouvement social.

Construire le rapport de forces aujourd’hui c’est démontrer que dans la multiplicité des

mobilisations s’affichent de façon forte et lisible les convergences entre elles, en matière de

salaires, d’emploi, de démocratie sociale et de service public.

C’est ce à quoi nous entendons modestement contribuer en proposant aux

Collectifs de prendre une série d’initiatives aux formes diverses sur le thème

du « Printemps des Luttes Pour le Service Public », en l’ articulant dans cette

approche avec toutes les actions sectorielles déjà engagées comme celles

réclamant le retrait des projets de loi Bachelot, de la privatisation de La Poste,

de Darcos et Pécresse.

On voit bien qu’obliger le gouvernement à entamer des négociations dans une logique de

changement de politique suppose encore dans les jours à venir une hausse important du niveau

de mobilisation mais de plus en plus les termes de l’enjeu sont posés avec clarté. Dans la célèbre

série de Sempé le moment est venu d’entamer un nouvel épisode « IL FAUT REORIENTER LE

PETIT NICOLAS » !

Et pour le bien de tous , si possible avant 2012 ! Après tout, ça s’est déjà vu qu’on rattrape des

orientations erronées mais on sait qu’il faut le faire vite pour que ça réussisse, alors, n’attendons

pas !

Bernard Defaix (président de Convergence) Le 11 avril 2009

 

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