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2 mars 2009 1 02 /03 /mars /2009 14:00

Compte rendu réunion publique sur le domaine de la santé

Du 27 février 2009 à Thiers

 

Une quarantaine de personnes sont présentes à cette réunion, représentant les différents syndicats de santé, les élus politiques, les associations citoyennes, les usagers.

 

- Rozenn Sinsard, présidente du CDDSP invite chacun à se présenter. Puis elle explique la démarche du CDDSP dans la mise en œuvre conjointe de la mobilisation syndicale du 5 mars prochain.

Cette mobilisation nationale contre le projet de loi HPST sera doublée au niveau local par une action de défense des hôpitaux de proximité. Dans ce mouvement de convergence des luttes pour la défense des Services Publics, le syndicat d'enseignants la FSU se joint au mouvement, d'autant que la santé est une question qui intéresse chacun d'entre nous.

- Thierry Foulquier, représentant départemental de Sud santé et sociaux explique le projet de loi qui est en discussion au parlement et ses conséquences, qui toucheront tout le monde que ce soient les usagers, les structures hospitalières (quelle que soit leur taille et leur localisation). Cette loi met en place un système de dévalorisation du service de santé.

- Claude Viaud du collectif Marsacois et membre de DEBHA relate l'historique de la dégradation de l'offre de soins. Le dernier coup a été la mise en place de la tarification à l'acte ce qui revient à organiser les déficits des hôpitaux. Il y a eu également le rapport Vallancien qui avait pour but de démontrer que les hôpitaux qui ne pratiquaient pas tant d'actes qualifiants étaient dangereux et qu'il fallait donc les fermer. Cela est un faux problème puisque la maternité d'Ivry avec quelques 4000 accouchements a été fermée sur cette même logique. Enfin le projet de loi Bachelot est la dernière pierre qui vise au contrôle total de la santé par les instances gouvernementales. Ce projet met en danger les instances démocratiques, suppression des CA, et fait disparaître l'humain au profit de l'argent.

- Chakoura Topal, présidente du collectif citoyen de résistance thiernois, insiste sur l'absence dans les politiques actuelles de la notion d'aménagement du territoire, à tel point que cela revient au déménagement de ces mêmes territoires.

De plus nous avions un modèle de santé exemplaire, que certains pays essayent de mettre en place. Ainsi des américains sont très agréablement surpris quand ils sont pris en charge dans les hôpitaux français car on prend en charge leur douleur avant de leur demander leur couverture sociale et de savoir s'ils ont les moyens de payer. Cet exemple était dans les années 80, qui connaissaient une grave crise économique. Or les Services Publics fonctionnaient malgré cette crise. Donc cela dépend de la volonté politique et non pas d'un problème d'argent.

- Rozenn Sinsard, le CDDSP s'appuie sur cette même philosophie, la crise économique n'explique pas tout, ainsi la référence à l'appel des résistants de 2004, reprend l'interrogation du comment avons-nous pu mettre un œuvre le contrat social français à l'issue de la deuxième guerre mondiale quand la France et l'Europe étaient ruinées ?

- Laurent Courtial, représentant de la CGT, explique que tous les Services Publics sont visés par la même logique. Toutes les lois, comme la loi HPST, visent à la rentabilité de l'organisation des Services Publics, afin - à terme - de les vendre au secteur privé. Ainsi l'efficience est le ratio efficacité/coût, c'est inadmissible concernant la santé. Enfin on organise les dysfonctionnements, mais il ne faut pas oublier qu'un bloc opératoire qui ne fonctionne pas 24h/24h et 7jours/7 est voué à la fermeture. De plus il faut comprendre que ce qui touche son voisin arrivera tôt ou tard ici. L'exemple de la boutique France Télécom est parlant, on a fermé la boutique d'Ambert au prétexte que celle de Thiers n'était pas si loin, cependant celle de Thiers est aujourd'hui à son tour fermée.

- Une participante de Saint Eloy la glacière explique son douloureux parcours suite à une opération du cancer du sein. Elle est sortie 4 jours après l'opération dans une clinique privée, cela a mal viré puisqu'elle a développé une septicémie et une gangrène. Sa deuxième opération en urgence a été réalisée par une chirurgienne qui avait au téléphone un professeur pour l'accompagner dans ses actes. Aujourd'hui elle souffre encore des séquelles de ces opérations. Les équipes ne peuvent plus fonctionner et les soins de suite à l'extérieur ne sont pas suffisants dans les cas les plus graves. Elle donne également l'exemple de cette femme qui a été amputée des deux seins lors d'une opération à Léon Bérard à Lyon. Une urgence médicale est intervenue durant l'opération de cette femme, comme il n'y avait pas de deuxième équipe, les chirurgiens ont du prendre l'urgence et retourner ensuite à l'opération prévue, cependant la perturbation a été lourde de conséquences pour cette patiente.

-Alain Laffont, représentant le NPA63, expose la situation actuelle selon laquelle nous sommes dans un système mixte ou le privé et le public coexistent dans l'offre de soins. Or cela ne peut être viable, il y aura nécessairement un choix...De plus la loi Bachelot ne vise pas que les hôpitaux, il y a également une attaque contre les médecins, dont l'effet pervers sera le doublement des actes pour répondre aux nouveaux critères légaux de rentabilité. Ainsi dans le cadre d'une opération coloscopie et gastro, cela se fait aujourd'hui sous la même anesthésie, il est fort à craindre que le praticien doivent pour rentrer dans les normes scinder les deux opérations.

Il s'étonne que l'on ne fasse pas le rapprochement en termes de chiffre d'affaire, ainsi quand le chiffre d'affaire de la téléphonie mobile augmente on parle de grande avancée économique, et lorsque l'on parle de progression du chiffre de la santé on parle de catastrophe...La crise économique est un prétexte pour confier aux Services Publics les actes les moins rentables. En parlant de la crise, généralement on disait que les plus riches avaient de l'argent car ils prenaient des risques, or cela n'est plus vrai aujourd'hui c'est l'Etat qui prend des risques en finançant les déficits bancaires, et les familles les plus riches prêtent à l'Etat sans endosser leur part de risque.

- deux infirmières en long séjour à Thiers, expliquent les difficultés au quotidien, il y a 1 personnel hospitalier pour 35 personnes âgées. Dans ces conditions il est impossible de traiter correctement les usagers. Lorsqu'il y a plainte des personnels sur ces conditions de travail, on leur répond que les personnes âgées n'ont pas eu l'habitude de se laver tous les jours, aussi cela n'est pas grave de sauter la toilette quotidienne...

-Sylvie Monnet CGT et hôpital d'Ambert, cela est l'illustration des effets pervers de la T2A (tarification à l'acte) qui entraîne un manque de moyens. Les annonces de lutte contre la maladie d'Alzheimer et la journée de solidarité sont bidons. Dans la réalité du terrain le manque de moyens entraîne une forme de maltraitance.

-Martine Munoz, conseillère régional, revient sur une question qui lui tient à cœur, le vote du dernier CA de l'hôpital de Thiers. Le budget a été voté avec seulement 4 voix contre. Elle ne trouve pas normal qu'il y ait si peu de voix pour s'élever contre, ce à quoi le directeur de l' ARH lui a rétorqué que le budget est certes serré, mais qu'il y a de quoi être content qu'il n'y ait pas de fermeture, ni de suppressions de postes. Cela intéresse la population qui ne peut se défendre que dans la rue.

-Anthony Obert reprend qu'il faut aujourd'hui que les luttes soient dans les rues et que les citoyens défendent leurs droits.

-Jean-Marc Pineau aujourd'hui comme hier il faut à la fois des luttes et de l'éducation citoyenne, comme cela se fait avec ATTAC, DEBHA et le CDDSP. Il faut arriver également à la convergence des luttes.

-Une intervenante explique que la loi Bachelot est beaucoup plus perverse, car elle s'attaque de front et sur le fond de la santé, aux personnels de santé et à la mission de la recherche et de formation des CHU. Non seulement notre système ne fera plus de progrès mais c'est une véritable régression qui nous attend.

- Chakoura Topal précise que notre système de santé est moins bien doté en scanner et IRM que la Turquie...

-Thierry Foulquier, constate qu'il y a un déni de gestion des gouvernements successifs. Ils ont capitulé face à la logique de marché. On a construit en 1945 un système de santé basé sur la solidarité et les cotisations. Cette érosion est de la faute du patronat et des élus. Dans cette salle aujourd'hui nous reconstruisons la solidarité.

- Martine Munoz, s'inquiète que les thiernois ne soient pas conscients du danger que courre l'hôpital de Thiers.

-Claude Viaud explique que la prise de conscience est longue, au sein de DEBHA la lutte pour la préservation de l'hôpital d'Ambert a commencé il y a plus de 10 ans, or au départ la population n'était pas réceptive non plus. Aujourd'hui les dangers se sont avérés et les gens ont évolué.

-M Herilier fait part de son expérience familiale sur le non suivi de certains produits de suivi médical post-opératoire. De plus il insiste sur l'apparition de nouvelles maladies liées à la pollution qui vont entraîner une augmentation des besoins de santé.

-Une intervenante explique que la population thiernoise est surtout résignée à la fermeture, ce n'est pas une question de ne pas y croire.

-Claude Servy, représentant d'Utopia, se trouve nostalgique de la situation antérieure et des anciens CA. Auparavant on se battait pour obtenir plus désormais on se défend pour maintenir les moyens. Il faut que nous transformions nos protestations en propositions de changements de choix politiques. Il faut parler de la situation locale mais garder également à l'esprit que c'est un combat global, national.

 

En guise de conclusion et à l'unisson de plusieurs intervenants

- Le combat ne vise pas les grandes structures, il vise le projet de loi Bachelot qui sera une réforme meurtrière.

- Il faut se convaincre que les luttes qui se tiennent localement sont une source d'espoir pour d'autres territoires.

- Il faut être prêt pour les futures échéances électorales afin de faire peser dans la balance et opter pour une politique qui garantisse l'accès aux soins et les Services Publics en général.

- Les citoyens doivent être en mesure de capacité afin de reprendre la main sur les choix politiques.

 

Rappel de l'organisation matérielle de la journée du 5 mars

  • - 10h départ de la manifestation devant le CHU de Clermont-Ferrand, via le viaduc, en passant par les facultés jusqu'à la Préfecture
  • - 11h délégation en Préfecture, chaque participant organisateur devra élaborer un petit discours.
  • - 11h30 pique nique tiré du sac à St Jacques
  • - 13h30 Assemblée générale
  • - 18h rassemblement devant l'hôpital d'Ambert, pour la défense des hôpitaux de proximité de Thiers, Riom, Issoire et Ambert

Départ de covoiturage à 9h et 17h à l'espace de Thiers

Le point de covoiturage au départ d'Ambert sera communiqué ultérieurement.

 

Mise en place d'un comité de vigilance santé sur le secteur de Thiers, première réunion le 9, avec toutes les personnes intéressées par le sujet.

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Published by cddsp-thiers-ambert - dans Santé
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