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17 février 2009 2 17 /02 /février /2009 13:04

Source : La valise diplomatique

http://www.monde-diplomatique.fr/carnet/ mardi 10 février 2009


L'hôpital, comme une entreprise...


Pendant le discours sur la réglementation, la déréglementation continue. En France, les parlementaires peaufinent la réforme de l'hôpital. Officiellement, il s'agit de mieux répartir les moyens, de rapprocher les médecins des malades. Dans les faits, le nombre de soignants (médecins, infirmières, anesthésistes...) dans le secteur public se restreint, tandis que l'impératif de profit dans les hôpitaux devient central et que la rémunération de certains médecins hospitaliers va dépendre du nombre d'actes rentables.

Mme Roseline Bachelot, ministre de la santé, promet qu'il n'y aura plus aucune fermeture d'hôpital, mais n'exclut pas une « baisse de la masse salariale ». Qu'en termes choisis ces choses-là sont dites... D'ores et déjà, la suppression de 20 000 à 30 000 emplois de soignants (médecins, infirmiers, aides-soignants...) est programmée dans les hôpitaux : 400 à Nantes, 650 à Nancy, 550 au havre, 2000 dans la région marseillaise... Pas une grande ville n'y échappe.

Les directeurs des hôpitaux publics seront nommés par les directeurs généraux des Agences régionales de santé (ARS), eux-mêmes désignés par le gouvernement. Un directeur sur mesure, qui n'a pas vocation à définir et mettre en œuvre un projet médical, mais à gérer l'hôpital selon des critères financiers - dont on voit partout l'efficacité... Et si ses résultats financiers ne sont pas assez probants, il peut être révoqué à tout moment par ce « préfet sanitaire » qu'est le directeur général de l'ARS.

Alors que le service public de santé est sérieusement attaqué, le gouvernement ne ménage pas sa peine pour offrir au privé des pans entiers de l'hôpital. On connaît le scandale des lits privés au sein même du public. On va « vendre à la découpe des missions de service publics », note le professeur André Grimaldi - lesquelles seront assumées par le privé avec des fonds publics. Les cliniques ont déjà fait acte de candidature pour les stages des internes - ce qui leur permettrait d'écrémer les talents... Avec d'autres praticiens, André Grimaldi a lancé une pétition pour la défense de l'hôpital public, signée par plus de neuf cents professionnels, dont trois cents professeurs de médecine et près d'une cinquantaine de cadres infirmiers, ainsi que des usagers.

Quant à l'autre volet de la loi, il porte sur certains déserts médicaux et la volonté de pousser à l'implantation de soignants dans certaines zones (banlieue, cantons ruraux...). L'idée de créer des maisons de santé (avec plusieurs médecins, des spécialistes...) est évidemment positive. Sanctionner ceux qui s'implantent dans des zones déjà surmédicalisées et favoriser les autres semblent de bonnes pistes. Mais il est pour le moins difficile de fermer les hôpitaux et autres centres de soins dans les petites et moyennes villes et de demander aux jeunes médecins d'aller occuper la place !

Martine Bulard

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Published by cddsp-thiers-ambert - dans Santé
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