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17 février 2009 2 17 /02 /février /2009 13:09

 

 

 

Après présentation des intervenants par Rozenn SINSARD, présidente du CDDSP Thiers-Ambert, la réunion s'engage.

 

Monsieur LECOMTE directeur des hôpitaux d'Ambert et de Thiers.

En introduction, il précise qu'il n'est pas là pour ou contre le projet de loi Bachelot, il est en charge d'un Service Public, qu'il doit faire fonctionner au mieux pour la population en fonction des moyens accordés.

Monsieur LECOMTE se lance dans le descriptif du fonctionnement actuel de l'hôpital d'Ambert et de son offre de soins :

  • - 1 service d'urgence (7300passages annuel) niveau bas cependant il nécessite un médecin 24h/24h
  • - 1 SMUR qui lui aussi nécessite un médecin 24h/24h+4 lits «portés» depuis le 1/07/08.
  • - 1 bloc opératoire
  • - 1 service de stérilisation.
  • - 1 pharmacie avec bientôt une personne à temps complet.
  • - L'hôpital comptabilise 4700 séjours annuels soit 10200 journées d'hospitalisation.
  • - L'hôpital est composé de 30 lits en médecine, 16 lits en chirurgie, 4 place en hôpital de jour (suivi chimiothérapie), 5 places hôpital de jour pour le suivi psy, 24 lits pour les convalescences, 120 lits pour les longs séjours et 84 lits pour la maison de retraites.
  • - L'hôpital d'Ambert est l'un des principaux employeurs du secteur, avec 400 personnels qui représentent 370 postes à temps plein. Parmi ces 400 personnels il y a 20 médecins, 100 personnel infirmier, 100 aides soignants.
  • - L'hôpital d'Ambert c'est un budget de 22500000 euros dont 70% est consacré à la rémunération des personnels. Depuis 2004, la tarification à l'activité représente une allocation de 800000 euros.

La situation de l'hôpital d'Ambert est difficile, l'application de la T2A est avantageuse lorsque l'on est dans un fort créneau d'activité, or cela n'est pas notre cas. Le niveau bas des activités s'explique par la faible population du secteur et par la fuite des usagers notamment vers les structures privées.

L'évolution de l'hôpital d'Ambert a été marquée par la fermeture de la maternité en août 2006. L'hôpital pratiquait 180 accouchements/an or les décrets fixent le seuil minimal à 300. De plus la situation était fragilisée par le départ d'un médecin gynécologue.

La solution a été de mettre en place un centre périnatal de proximité, c e qui a été le début de la coopération entre les deux hôpitaux. Il s'occupe sur site du suivi de la grossesse et des suites de l'accouchement.

Ce centre comptabilise 3300 consultations annuelles. Madame SINSARD demande la part des femmes enceintes prises en charge, il lui est répondu qu'il faut diviser le chiffre des consultations par 5 ou 6 pour trouver le nombre de suivis de grossesses soit 3300/6=550...

 

Monsieur LECOMTE évoque ensuite le problème du service d'anesthésie. Suite au départ d'un anesthésiste sur Ambert il a été mis en place une coopération avec Thiers, qui met à la disposition de l'hôpital d'Ambert un médecin anesthésiste du lundi au vendredi sur des horaires de jour. Il n'est pas possible dans ces conditions de maintenir une chirurgie 24h/24h.

D'ailleurs l'activité du bloc chirurgical d'Ambert est extrêmement faible avec 600 interventions annuelles. Il faut trouver des solutions pour maintenir un bloc opératoire sur le site. A l'heure actuelle Ambert peut pratiquer de petites opérations (endoscopie, opération canal carpien, petite chirurgie traumatologique, pose de prothèse, arthroscopie du genou, extraction dentaire et depuis peu interventions gynécologiques autre que la césarienne...)

Pour que le plateau technique fonctionne correctement il faut au minimum 3 chirurgiens viscéraux et 3 chirurgiens orthopédistes. Il est également prévu de renforcer l'équipe sur la spécialité de la neurologie.

Selon l'analyse de Monsieur LECOMTE il n'y a pas de problème de démographie médicale sur Ambert car la population est désormais en demande de spécialistes, il n'y a pas d'intérêt pour la médecine généraliste mais pour des spécialistes.

Madame SINSARD demande des précisions, si le collectif n'est pas contre le principe de la coopération, il s'inquiète des moyens réels mis en place.

Monsieur LECOMTE explique que les moyens sont désormais calculés sur la tarification à l'activité réelle constatée. L'enveloppe de fonctionnement correspond au nombre de séjours quelque soit leur durée. Dans ce système l'hôpital d'Ambert est forcément fragilisé du fait de sa faible activité.

Intervenant dans la salle inquiétude de la politique menée actuellement qui vise à fragiliser le principe fondateur de la Sécurité Sociale « cotiser à hauteur de ses moyens et recevoir à hauteur de ses besoins ». Il y a financiarisation de la santé vers une médecine à deux vitesses.

Intervenant dans la salle LaT2A correspond à la mise en place de la concurrence entre le privé et le public. Dans ce système le privé garde les actes les plus rentables et on renvois à l'hôpital public les actes les plus lourds et les moins rentables.

Monsieur LECOMTE reprend sur la coopération qui vise à apporter plus aux patients et non en moins.

Intervenant dans la salle demande le coût des déplacements pour les médecins et les patients.

Monsieur LECOMTE Les temps de trajet sont contre-remboursés entre les hôpitaux pour les déplacements des praticiens. La coopération est le moyen d'atteindre le seuil pour le maintien d'une équipe chirurgicale qui est de 2500 actes qualifiants par an.

Intervenant dans la salle demande comment faire vivre le service des urgences et le SMUR avec seulement 3 titulaires ? Comment un chirurgien fait-il pour endosser le risque d'opérer quand il n'y a plus de soin de réanimation ?

Le représentant de FO-Santé dans la salle salue l'action localement menée et reconnaît les difficultés de la direction qui doit gérer la pénurie. La réalité est la diminution des  budgets alloués à la santé. Les gouvernants jouent sur des paramètres indirects comme les seuils qui deviennent de plus en plus hauts. On s'abrite derrière des normes techniques pour justifier la volonté de ne plus financer les besoins de santé.

Intervenant dans la salle Le danger est au-delà de la volonté de baisser les dépenses de santé, il y a volonté de la privatiser.

Intervenant dans la salle La Cour des Comptes elle-même fustige les mesures qui grèvent de plus en plus les ménages. La Chambre des Comptes de la Sécurité Sociale à publier des chiffres selon lesquels la Sécurité Sociale est en réalité excédentaire de 8 millions d'euros si on réintègre ce que lui doit l'Etat au titre des taxes et des compensations des avantages consentis aux entreprises.

Eric DUBOURGNOUX prend la parole car il tient a expliqué sa position lors du dernier conseil d'administration de l'hôpital, il a voté pour à contre cœur le plan proposé, car il faut parfois sauver les meubles. Ce qui est inquiétant c'est au niveau national le texte de loi qui va être discuté, or il n'y a pas beaucoup de mobilisation, seulement 1000 personnes étaient présentent devant l'Assemblée Nationale lors des premiers débats. Le constat est que le budget alloué à la santé est en baisse de 10% tous les ans. La conséquence c'est que dans les réunions on ne parle plus que de l'euro, que l'on considère l'hôpital comme une entreprise d'aéronautique par exemple. Il nous faut inverser la vapeur en sortant du cadre d'une enveloppe fermée votée par le Parlement qui est distribuée, mais partir des besoins qui conditionneraient le budget et son évolution.

Jacques ROUSSEL (Représentant des médecins généralistes) insiste sur la défense de l'hôpital d'Ambert et sur la mobilisation de la population et des élus

Car les médecins généralistes ne s'installeront qu'autour d'un hôpital qui par ailleurs  bénéficie de leur présence comme de la meilleure garantie de son utilisation et de l'information des usagers.

Il faut également prendre conscience que les médecins généralistes ne sont pas à l'abri de tomber sous le coup de la financiarisation, que peut représenter les maisons pluridisciplinaires.

Un autre problème est la chute sur notre territoire de la démographie médicale ; cependant il ne faut pas oublier que l'installation est un choix personnel du praticien. Or les territoires ruraux ne sont pas très attractifs en termes d'installation. Une piste de réflexion est la réforme du système universitaire qui est centré sur les grandes villes, les étudiants ne risque pas de connaître le milieu rural dans ces conditions. La filière de médecin généraliste est dévalorisée alors même que le médecin généraliste à un rôle grandissant de conseil et comme médecin référent. Il salue l'initiative de Monsieur le Député de faire du territoire Thiers-Ambert un secteur universitaire de médecine générale. Il y a un déficit de 3000 généralistes en France, il faut créer des dispositifs pour faire connaître le territoire aux étudiants et avoir de bonnes conditions d'accueil à la fois du côté de la population et par la présence d'un hôpital.

André CHASSAIGNE explique qu'il met à la disposition de l'assemblée un fascicule qui retrace le travail parlementaire autour du projet de loi Bachelot.

Le danger est que derrière l'affichage du travail législatif il y a une volonté de faire des économies et de préparer la marchandisation complète de la santé. Or qui dit actionnaires dit dividendes. Il faut une action conjointe de tous à la fois pour faire comprendre les enjeux et mobiliser. La mission des élus est difficile car quelques fois il faut savoir renoncer pour sauver quelque chose. Cela est difficile aujourd'hui mais qu'en sera-t-il quand selon le projet de loi on passera d'un conseil d'administration à un directoire ?

D'autre part si on peut se permettre d'avoir un regard critique sur la politique de la santé, il faut se méfier de ne pas tomber dans le dénigrement. Il faut savoir positiver ce que nous avons et l'hôpital d'Ambert est d'une grande qualité.

Enfin la question de la démographie médicale et de l'installation des généralistes est compliquée. On pourrait penser à une politique autoritaire mais cela est sans compter sur des effets pervers, les étudiants peuvent alors fuir cette branche. L'autoritarisme dans ce cas n'est pas la voie. Il faudrait aller sur des mesures d'incitation, par exemple payer les études des étudiants qui s'engageraient sur cette voie et en contre partie d'un certain nombre d'années sur les territoires ruraux. On peut également envisager des augmentations d'honoraires en fonction des contraintes de garde particulièrement lourdes à la campagne...

Sur le plan local il faut mettre en place une plus grande communication, les médecins généralistes doivent pouvoir savoir ce qu'il est possible ou non de faire à l'hôpital d'Ambert en termes d'actes et ainsi contribuer à la restauration de la confiance et de la connaissance de l'offre de soins locale.

Michel SAUVADE Sur la commune de Marsac-en-Livradois il n'y aura plus qu'un médecin généraliste à compter du mois d'avril.

La légitimité de la réunion de ce soir est la construction d'une conscience du territoire. Le rôle du CDDSP est de mélanger les populations et de mettre en œuvre des réunions d'information.

La logique des seuils se retrouve partout il faut savoir les dépasser, construire dessus et savoir les moduler.

Rozenn SINSARD rappelle que beaucoup d'idées ont vu le jour lors de la réunion publique de Marsac. Elle a été la démonstration de la force de la citoyenneté et de la richesse des débats sont nés le comité de vigilance santé qui aboutit à la réunion de ce soir et à la rédaction d'une lettre ouverte, la mise en place de cahiers de doléance sur l'ensemble du territoire...

Lionel ZWINGER reprend sur la question des seuils. Il faut savoir jusqu'où nous allons, car il arrive que des situations ne soient pas tenables. Pour autant nous ne pouvons pas accepter la manière dont on se réfère à la démographie. Il y a un fondement de solidarité qui est oublié et qui pourtant est la base de la création de la Sécurité Sociale.

André CHASSAIGNE rappelle que dans ce cadre d'idées est lancée avec Monsieur Jean LASSALE un mouvement « campagnes de France-cause Nationale » et précise qu'il y aura des états généraux des campagnes, ainsi que le lancement d'un blog à ce sujet.

Véronique CONVERT fait la lecture de la lettre ouverte et des propositions du CDDSP Thiers-Ambert.

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Published by cddsp-thiers-ambert - dans Santé
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